Je est morte

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5 euros

Notes de lecture :

de Georges Cathalo pour la revue "Texture" de Michel Baglin :

Chantal Dupuy-Dunier : « Je est morte »

Comme toutes les publications des éditions artisanales du Frau, celle-ci ne déroge pas à la règle de la qualité formelle alliée à la rigueur des écrits poétiques. Accompagnés par cinq gravures en noir et blanc de Lionel Balard, les poèmes de Chantal Dupuy-Dunier nous entraînent dans une ruelle étroite qui n’est pas uns impasse mais une voie où chacune et chacun pourra se repérer et se reconnaître. Le personnage de Je dont il est ici question est une femme : est-ce la mère ou est-ce la fille elle-même par anticipation de la disparition, mystère… « Je s’appelait Je » écrit l’auteure dès le début, et « Je est morte ». Là surviennent aussitôt l’indicible et l’inénarrable, car « tout ce que l’on imagine est faux / ce que Je a écrit sur le sujet aussi ». Et si « La mort c’est long / comme un dimanche sous la pluie », il reste encore de longs moments pour évoquer « ce temps qui ne ressemble à rien » mais où l’on doit reconstruire à partir d’une montre sur une table de nuit à côté d’un poignet immobile ou un carnet à côté d’une main qui n’écrira plus. Il y a chez Chantal Dupuy-Dunier une façon personnelle d’évoquer les moments terribles de la disparition depuis le cœur qui s’arrête de battre jusqu’à la crémation ou à « l’urne funéraire en marbre rouge ». Cette suite de brefs poèmes renouvelle un genre millénaire qui a permis à des dizaines de poètes de consolider grâce aux mots et aux images une résilience bienfaisante et contagieuse.

(Chantal Dupuy-Dunier : Je est morte (Le frau éd., 2018), non paginé (20 pages), 5 euros, tirage limité à 120 exemplaires numérotés, ou 20 euros l’abonnement à 5 livrets, Odile Fix – Belinay – 15430 Paulhac)

de Jacques Morin dans la revue "Décharge" 178 :



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