Cathédrale

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4ème de couverture :
"Chaque fois que je découvre l’architecture d’une cathédrale je demeure saisie d’admiration pour ses bâtisseurs. Quelque chose, qui est indépendant du fait religieux, me fascine, me baigne, me parle.

Du sanctuaire primitif jusqu’à la cathédrale ogivale en passant par la crypte mégalithique, les poèmes-pierres, édifiés par Chantal Dupuy-Dunier pendant plusieurs années, rendent hommage aux bâtisseurs comme aux ouvriers du langage. Cathédrale se veut par sa structure, son "bâti" poétique, un long chant qui comporte une véritable scénographie. L’écriture est semblable aux litanies, aux formules sacrées.

Cathédrale, pyramide surhumaine.
On la dit vaisseau ;
elle se dresse,
phare au-dessus de l’océan de la ville."


Éditions PÉTRA, collection "PIERRES ÉCRITES / L’oiseau des runes", dirigée par Jeanine BAUDE.
Adresse : Éditions et librairie PÉTRA 12 rue de la Réunion 75020 Paris.
L’ouvrage peut être commandé auprès de votre libraire ou sur le site des éditions.

Il sera présenté pour la première fois lors du Marché de la poésie 2019, Place Saint-Sulpice à Paris, où Chantal Dupuy-Dunier le dédicacera le vendredi 7 juin de 17 h à 18 h et le samedi 8 juin de 15 h à 16h.

Préface de l’auteur :

"Une athée, écrire « Cathédrale » ?

J’ai été croyante. À l’âge de dix ans, j’ai même connu une période mystique. L’excès a vite laissé place à une foi moins exaltée. Vers vingt-cinq ans, je suis devenue incroyante, assumant la liberté comme l’inconfort de cette position.

Mais, chaque fois que je découvre l’architecture d’une cathédrale, je demeure saisie d’admiration pour ses bâtisseurs. Quelque chose, qui est indépendant du fait religieux, me fascine, me baigne, me parle. Je sais le passage sous l’édifice de cours d’eau semblables au langage poétique, de lignes de forces agissantes à l’image de la poésie. Je sais les bâtiments érigés sur les vestiges d’autres bâtiments, dans un lieu identique, souvent sacré bien avant Jésus-Christ. Je sais l’âge des pierres, leurs vies successives.

Ce recueil se veut un édifice bâti à l’emplacement du lieu universel de la poésie, sur les traces laissées par les autres poètes et leurs œuvres. Une langue évolue, quelques siècles plus tard on ne parvient plus à la comprendre. Toutefois des poètes lisent les précédents, écrivent à leur tour. C’est Babel, c’est une pyramide, c’est une cathédrale. Tout un langage souterrain alimente la poésie actuelle, il en a été ainsi de tout temps. En outre, mythes et histoire coexistent dans les cathédrales, ce qui les rapproche encore davantage de l’imaginaire poétique.

La cathédrale était, avant l’invention de l’imprimerie, un grand livre de pierre dont sculptures et vitraux étaient les textes. Aujourd’hui nous assistons à une nouvelle révolution technologique, nous sommes entrés dans l’ère du numérique.
Que dirait Victor Hugo qui écrivait, dans « Notre-Dame de Paris » : « Quand on compare la pensée obligée pour se traduire en un édifice de mettre en mouvement quatre ou cinq autres arts et des tonnes d’or, toute une montagne de pierres, toute une forêt de charpentes, tout un peuple d’ouvriers, quand on la compare à la pensée qui se fait livre, et à qui il suffit d’un peu de papier, d’un peu d’encre et d’une plume, comment s’étonner que l’intelligence humaine ait quitté l’architecture pour l’imprimerie ? »
Dans le nouveau contexte numérique, « Cathédrale » se veut un livre de papier encore « bâti à l’ancienne ». On ne s’étonnera pas de retrouver, dans ce chantier d’écriture, parmi les engins de levage, quelques grues.

Si j’étais née, si j’avais grandi dans une autre culture, j’aurais écrit « Mosquée », « Synagogue », ou « Temple bouddhiste ». Des édifices comme Sainte-Sophie d’Istanbul (qui fut une église), la Synagogue de Jéricho, le Temple de la Montagne parfumée creusé dans le rocher, pourraient assumer le même rôle, porter une symbolique analogue.

Quoi de plus poignant que les utopies des hommes ? Les croyants de toutes religions pensent qu’après l’inconcevable réalité de la mort, ils vivront réincarnés ou ressuscités. Les poètes s’imaginent naïvement que leurs écrits leur assureront l’immortalité.

Cependant l’élan demeure, la volonté présente en certains hommes de transcender l’humain. On nomme ces hommes, qui se sont mis au service du Verbe, des bâtisseurs de cathédrales ou des poètes."

Trois chapitres dans cet ouvrage, composés de poèmes-pierres : :
- Sanctuaire mégalithique,
- Crypte primitive,
- Cathédrale ogivale.

Extraits :

"Ce matin,
au sol de la cathédrale
dont les neurones de pierres se souviennent,
le geste ovale du labyrinthe
désigne la direction de l’œuvre.
Les rayons traversant un vitrail
dessinent sur les dalles
un reflet marbré.
Le reflet à la forme parfaite
progresse lentement vers l’entrée du dédale,
œuf lumineux."

"Contre la platitude du vivre ordinaire,
ce siècle a édifié des Monts analogues
en miroir du ciel.

Cathédrale, pyramide surhumaine.
Strates et sédiments à l’image de l’écorce terrestre.
Des chambres secrètes se dissimulent
dans les replis de sa peau,
d’obscurs soubassements président à sa lumière.

On la dit vaisseau ;
elle se dresse, phare,
au-dessus de l’océan de la ville.

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Oeuf de lumière
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Reflet

Reflets au sol.


Cathédrale de Strasbourg : l’architecte regardant son oeuvre.


Un autre architecte.

Maquette de la construction d'une cathédrale
Maquette d’un chantier cathédral


Bases de piliers.

En souvenir de la conversion de Claudel Claudel se convertit à l’âge de 18 ans près de la statue de la "Vierge du pilier", dans Notre-Dame de Paris.

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A Chartres : citation de Péguy

« Un homme de chez nous de la glèbe féconde
a fait jaillir ici d’un seul enlèvement
et d’une seule source et d’un seul portement
vers votre assomption la flèche unique au monde. »


Notre-Dame de Paris, avant l’incendie du 15 avril 2019.

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Jumièges, les ruines...

  • Vitrail de Kim en Joong, Basilique de Brioude

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