Un n’oiseau des z’oiseaux

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Un n’oiseau des z’oiseaux
est paru aux éditions Motus
dans la collection "Mouchoir de poche". Le texte et les pliages
qui l’illustrent sont de Chantal Dupuy-Dunier.

En Amazonie, on avait revu des toucans avec leurs longs becs,
à Cronce des pics-verts et un cacatoès aux Philippines.

Un sympathique petit bouquin, écrit blanc sur noir, qui tient dans la poche. Un bref récit qui oscille entre mystère, écologie et poésie. Mais "Motus et bouche cousue...".

Le mieux est de le lire au plus vite.
Une bonne idée de cadeau
pour enfants à partir de 8 ans.

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EXTRAITS

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PRESSE :

- http://www.zanzibart.com/motus/presse/article_47.html

- http://www.zanzibart.com/motus/presse/article_48.html

- "Chantal DUPUY-DUNIER, Un n’oiseau des z’oiseaux :
Un n’oiseau des z’oiseaux se situe en 2106 une époque où les oiseaux ont disparu depuis de nombreuses années. Au mois d’avril, une petite fille et ses parents vont découvrir des animaux bizarres et apprendre que ce sont des oiseaux :
« La p’tite gosse et ses parents restèrent près du lilas. Toutes les choses revinrent. Elles s’envolaient, puis se posaient, s’envolaient, puis se posaient de nouveau. Un orchestre de poche.
_Ce sont des animaux, dit enfin le père.
_Des zanimaux…répéta la p’tite gosse.
_Ils mangent des insectes, ajouta la mère en voyant un des animaux attraper une mouche entre ses curieuses lèvres pointues. »
Les illustrations sont réalisées sur le principe des cocottes en papier. "

Brigitte Aubonnet
(21/11/08)

Parce qu’en poésie, nous sommes tous les jours
DUPUY-DUNIER, Chantal, Un n’oiseau des z’oiseaux, illustrations de l’auteur, mØtus, 2008, 32 p. 4€50

Est-ce poésie ? Est-ce narration ? Nous dirons qu’il s’agit d’une prose poétique rehaussée par des origamis en illustrations. On est en 2106, la terre connaît l’éternel silence consécutif à l’extermination des oiseaux, il y a cinquante-sept ans de cela. Une petite fille, près d’une maison rouge, voit des choses inconnues, émettant des sons, se poser sur des branches d’arbre. Par immédiaphone, la p’tite gosse et ses parents interpellent la grand-mère qui les guide vers un dictionnaire rangé au grenier. Là, l’enfant va voir des oiseaux dont certains ressemblent fort à ceux vus près de la maison. Le soir, l’ondovision fait état du retour des oiseaux dans diverses régions de la planète. « Un’oiseaudez’oiseaux » dit la petite fille car il faut aussi apprendre à nommer ce qui n’existe pas. Et si l’histoire emploie des termes au pluriel pour montrer le nouvel apprentissage de la vie naturelle, c’est parce que le monde extérieur est saisi dans la pluralité de tout ce qu’il renferme : des zoeufs, des zanges, des zindiens, des zanimaux… La poétesse joue donc sur une situation de science-fiction pour ancrer ce que le progrès immaîtrisé pourrait engendrer comme perte langagière. Elle rend sensible que l’humain s’appauvrit dans le singulier et doit faire corps avec la pluralité de l’univers qui l’entoure. Or, les langues ne sont-elles pas le patrimoine par excellence de l’humanité ? A travers la genèse de la dénomination, de la dé-signation, c’est sur le rapport des humains au monde que ce petit livre tout simple appelle à réfléchir.
Quant aux origamis qui accompagnent le récit, ils font penser à l’illustration de couverture qui, cinq ans plus tard, illustrera la couverture du recueil de la poétesse Mille grues de papier (Flammarion 2013, 350 p). Dans la page incipit de ce recueil, Chantal Dupuy-Dunier rappelle l’histoire de Sadako Sasaki, fillette leucémique, irradiée d’Hiroshima, qui se donna pour tâche de plier 1000 grues de papiers avant de mourir afin que « continuer à vivre se réalise ». L’illustration donne donc la clé du sens de Un n’oiseau des z’oiseaux : l’humain est un être de l’espace, et la nomination signe la richesse des liens qu’il entretient avec les lieux. Parce qu’il se pose dans l’espace, il noue une temporalité qu’il appelle sa vie. Mais celle-ci n’existe que parce que les « choses » qui l’entourent viennent s’enchevêtrer dans ses propres pas, jusqu’à l’infini : « A l’image de Sadako, j’ai “plié” 644 poèmes. Comme elle je me suis arrêtée à ce chiffre afin de marquer l’impossibilité dans laquelle se trouve l’homme d’aller jusqu’au bout de ses projets, l’écrivain d’achever son œuvre » est-il écrit au début de Mille grues de papier. La prose poétique destinée à la jeunesse en 2008 préfigurait-elle le volumineux recueil de 2013 ? En tout cas, il se situait différemment par rapport à la catastrophe écologique puisque Mille grues de papier n’est pas une conjuration de l’anéantissement, mais un récit du renouveau de la vie ; il raconte qu’on en revient pas à la situation d’avant, quel que soit le progrès technologique de l’ondovision ou de l’immédiaphone puisqu’il faut apprendre à énoncer ce qui advient fût-il un retour du chant des oiseaux. Que l’enfant commence à en parler comme des « choses » montre assez le danger de la réification de notre monde où à l’image de la grand-mère l’humanité n’est plus qu’un champ de pixels.

Philippe GENESTE
(2017)



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